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2 anciens étudiants de l’Atelier de Sèvres parmi les 16 pensionnaires de la villa Médicis

Chaque année, l’Académie de France à Rome – Villa Médicis organise un concours international de sélection des pensionnaires selon un critère d’excellence. Le concours s’adresse à des artistes, créateurs et créatrices, chercheurs et chercheuses déjà confirmés, francophones et sans critère de nationalité. Cette année l’Atelier de sèvres à l’honneur de voir deux de ses anciens étudiants admis dans cette formation si sélective et renommée dans le monde artistique. Félicitations à Dorothée Dupuis et Mounir Ayache pour leur admission.

Dorothée Dupuis

Dorothée Dupuis est aujourd'hui commissaire d’exposition, critique d’art et éditrice d’art contemporain. Une artiste aux multiples talents, forts de ses différentes expériences c’est tout naturellement qu’elle a réussi le concours d'admission à la villa Médicis. Son art se concentre principalement sur l’intersection entre art et politique, vue depuis une optique transféministe, post-marxiste, décoloniale et antiraciste. C’est une artiste engagée dans des combats sociétaux qui lui tiennent à cœur, mais c’est aussi depuis 2013 la directrice et fondatrice du magazine Terremoto et de la maison d’édition Temblores Publicaciones, basés à México. Dorothée Dupuis décide de partir au Mexique en 2012 avant cela, elle a dirigé le centre d’art contemporain et de résidences Triangle-Astérides à Marseille, de 2007 à 2012. Aujourd’hui commissaire indépendante, elle écrit sur l’art des Amériques dans Terremoto, mais aussi dans des publications internationales.

"Perspectives rebelles", c’est l'intitulé de son projet de recherche à la Villa Médicis, constituant  une réelle immersion dans le projet qui anime les féministes du monde de l’art occidental depuis les années 70 selon lesquelles il existerait une dette envers les artistes féminines, que l’exposition d’artistes femmes pourrait en quelque sorte « payer ». Elle poursuit depuis 2019 une phase de recherche théorique et d’écriture sur un format curatorial qu’elle pratique depuis le début de son parcours de commissaire : l’exposition d’artistes femmes, vue depuis le champ des études curatoriales.

À la Villa Médicis, elle souhaite se servir de l’héritage du féminisme italien des années 70 revisité à notre époque contemporaine comme le cadre théorique, affectif et conceptuel pour avancer l’écriture du livre « Payer la dette : l’exposition d’artistes femmes comme provocation ».

Mounir Ayache 

Artiste franco-marocain Mounir Ayache désire renouveler notre regard sur les réalités politiques et sociales du monde arabe par ses créations technologiques. Il reprend les codes de la science-fiction qu’il associe  avec des histoires familiales et la réappropriation imaginaire des expériences et identités arabes. Mounir Ayache s’inscrit dans le courant non-officiel de l’arabfuturism, influencé par l’afrofuturism qui est un courant et une esthétique artistique des années 1990, s’inspirant de la fiction pour créer des récits alternatifs. Mounir Ayache imite les représentations de l’Autre et de l’Étranger dans les fictions occidentales, il se sert des nouvelles technologies pour décliner et véhiculer ses idées, ainsi il fausse les frontières entre art contemporain et entertainment.

Son projet à la Villa Médicis s’articule autour du personnage d’Hassan al-Wazzan (1494-1555) devenu Jean-Léon de Médicis sous le pape Léon X, dit « Léon l’Africain », personnage principal du roman portant son nom écrit par Amine Maalouf en 1986. Il rédige en 1525 à la demande du pape « La Cosmographia de Africa qui servira de référence pour décrire l’Afrique sub-saharienne et l’Afrique du Nord et nourrira l’imaginaire européen pour qui cette région est inconnue.

En prenant comme base le manuscrit de 1525, son travail d’écriture consiste à créer un récit de science-fiction qui se déroule en 2500, et où le personnage principal inspiré d’Hassan al-Wazzan raconte les échanges Europe/Afrique, convoquant des problématiques géopolitiques et écologiques fictionnelles en lien avec la ville de Rome. Ce récit donnera lieu à la production d’une série de sculptures activant, au moyen d’un dispositif de réalité augmentée, des contenus numériques qui se superposent au réel.

La Villa Médicis, un concours sélectif et une expérience enrichissante

Située sur le mont Pincio, la villa médicis accueille depuis 1803 l’académie de France à Rome. Vrais complexe architectural italien de style renaissance du XVI ème siècle, c’est une magnifique résidence dans laquelle de nouveaux pensionnaires  sont choisis chaque année après un concours international de sélection des pensionnaires selon un critère d'excellence. Au cours de leur année de résidence, les pensionnaires seront amenés à faire découvrir leur travail dans le cadre de manifestations qui scanderont la programmation de la Villa Médicis. Les candidats ont la possibilité de postuler au titre de toutes les disciplines de la création artistique et des métiers d’art ainsi que de l’histoire et de la théorie des arts, de la restauration des œuvres d’art ou des monuments. Les candidatures seront examinées par un jury composé de personnalités qualifiées nommées chaque année par le ministère de la Culture.

 

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